N’avez-vous jamais pensé, en passant devant des bâtisses abandonnées ou à travers des villages en ruine, que cela était bien dommage, que nous aurions pu en faire quelque chose ?

Certaines collectivités d’Espagne ont pris ce parti.

Ainsi, selon l’Institut National de Statistiques d’Espagne, ont compte près de 3 000 villages abandonnés à vendre. Le gouvernement de Galice, depuis 2013, propose donc de céder gratuitement des villages médiévaux en ruine à condition de redynamiser les lieux.

Des projets de « village communautaire », voire même de « communauté intentionnelle » comme l’exprime les Québécois, naissent ainsi de plus en plus.

Une communauté intentionnelle, selon le chercheur Thimothy Miller se définit de la façon suivante.

« Une communauté intentionnelle se compose, à minima, de 5 membres, possédant un objet commun, se plaçant, pour l’atteindre, aux marges de la société.
Ils savent sacrifier leurs intérêts propres au profit du collectif, vivent ensemble dans un lieu donné (soit dans des locaux partagés soit dans des maisons séparées mais rassemblées sur une même propriété), possèdent un sens affirmé des relations sociales et pratiquent le partage économique selon des modalités qui peuvent aller de l’allocation partielle à la mise en commun totale des biens des uns et des autres. »

Un projet associant arts et numérique

L’exemple du projet de l’Artist Media Agency, une agence d’ingénierie culturelle et management de marque installée à Londres, est illustratif.
Il se nomme « Finding Aldea » et consiste à racheter un village abandonné en Espagne pour le rénover et le transformer en un espace de travail commun et permanent, occupé par 150 artistes, développeurs et scientifiques indépendants.

Le coworking, un marché en progression

Aaron Perlmutter, ingénieur data de 27 ans et l’un des 4 dirigeants de l’agence l’explique ainsi :
« Il y a aujourd’hui énormément de freelancers et un gros marché de location d’espace de travail partagé. Nous pourrions être un exemple d’un co-working exotique de niche. »
L’idée est d’organiser cet « espace hybride » sur le modèle d’un collectif artistique, mais associant non pas uniquement des artistes mais aussi des ingénieurs et chercheurs en informatique.

L’agence recherche donc 150 volontaires pour peupler son village de coworking…
Voici la vidéo du projet.

D’un point de vue économique, le village sera ouvert à des indépendants de passage de façon ponctuelle, quelques semaines mais vivra surtout grâce à la cohabitation permanente des 150 pionniers…

Voir le site du projet.

Une aubaine pour le territoire d’accueil et les parties prenantes

– Une aubaine pour les deux mairies locales potentiellement intéressées, qui peuvent y voir un intérêt à repeupler leurs territoires, générer de l’emploi localisé, revitaliser du bâti existant et constituer ainsi une nouvelle perspective de développement (local ?).

– Une aubaine également pour l’agence de Londres, qui achète ainsi un bien pour une modique somme, se constituant ainsi un actif matériel (le bâti) mais surtout immatériel, à travers « l’effet carte postale » de la situation géographique, le pôle d’innovation ainsi généré et un lieu d’expérimentations et d’observation des usages, que l’on dénomme « living lab », en mettant en « conditions créatives » un collectif de 150 personnes n’ayant pour « seul divertissement » que de créer des nouveautés.
Nous pouvons également supposer que la collectivité leur fournira des conditions avantageuses d’un point de vue fiscal, lors de « la négociation du terrain ».

– Enfin, une aubaine pour les indépendants, qui bénéficieront sans doute de conditions de vie agréables, ensoleillées et peu coûteuses, d’un lieu de travail « agréable et communautaire » ainsi que d’un lieu équipé pour « le travail et les loisirs créatifs » … car tout autre lieu de loisirs sera sans doute loin, dans cette campagne dépeuplée.

Une nouvelle génération de phalanstère en somme … où l’équilibre des relations et pouvoirs reste à inventer.

A quand des dynamiques similaires en France ?

Si vous en connaissez, contactez-nous et contribuez ainsi à « l’Obsidienne, l’observatoire des espaces hybrides et autres tiers lieux ».

Pour en savoir plus, voici l’article source, d’INfluencia.

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