Révolution Sensible, le projet-manifeste à l’art de faire ensemble par les principes d’Economie Circulaire Créative, avait invité L’Obsidienne à différents ateliers et tables rondes. Retour sur les échanges !

 

COMPTE-RENDU des Causeries du 11 et 12 12 2015 à Nantes

Animateur – Rédacteur : Alexis – Prima Terra l’Agence pour Révolution Sensible

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LES SUJETS DES CAUSERIES

Vendredi 11 décembre :

  • Table ronde « Economie collaborative, circulaire, sociale et solidaire… et les Métiers de la Création, des liens possibles ? »

avec Karine de la CRESS Pays de la Loire, Philippe Comtesse de Stations Services et Max Lassort, de La Voie des Lieux.

  • Table ronde « La Création artistique, pépites des territoires »

avec Céline Teillet de la Passerelle de La Gacilly et Max Lassort, de la Voie des Lieux.

  • Table ronde « De la création individuelle au réseau de créateurs … vers de nouvelles dynamiques coopératives et créatives »

avec Timothée Raison, du collectif d’architectes mit, François Dupont du collectif de photographes Hocus Fokus et Alice Bidau, du collectif textile Emergences.

Samedi 12 décembre :

  • Table ronde « Les lieux partagés, quels ingrédients pour en faire des espaces favorables à la Création ? »

Avec Sonia Woelfflin du Neruda Lab – Via Paysage, Laurène Thomas de Centrale 7 et Max Lassort de la Voie des Lieux.

  • Atelier « Vers des lieux de créativité collective : les Nouvelles Manufactures, mode d’emploi »

Avec Alexis Durand Jeanson de Prima Terra.

 

RETOUR SUR QUELQUES GRANDES IDEES

Des mots ressortent pour la dimension territoriale :

Etonnement culturel, économies, social …

Faisant écho à la notion de CAPITAL HUMAIN et la Bienveillance

Mais aussi à celle de « dérives », selon le principe de détournement des principes et modèles, que l’on voit particulièrement à travers l’économie collaborative.

Et la collectivité, non uniquement locale et donc administrative, mais celle de la communauté collectiviste, peut porter la dimension de « territoire impulseur », révélé à travers les verbes suivants :

FAIRE + MONTRER A VOIR + SUSCITER L’ETONNEMENT

Mais cela ne peut exister sans la notion de « transgression » :

INVENTER + POUSSER LES LIGNES

Et celle de « résilience » :

REUSSIR FACE A DES ACCIDENTS

Car le Territoire est un individu, une personnalité, comme La Gacilly, terre d’Art, de Nature et de Beauté.

 

Pour cela, il faut accepter le questionnement, conditions à l’œuvre d’art. Cela passe par la question de l’accès à l’œuvre d’art, depuis / dans la rue, l’espace public, à la question de ce qui fait patrimoines …

PEPITE = notion de richesse, de création de valeur

Faire sens pour les gens du moment

 

Changeons d’échelle

Pour un artiste, le premier coût est celui de l’atelier, le second, celui des matières…

 

En général, la relation bâtie entre l’acteur public et les acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire (associations, coopératives…) se fait sur la base d’une convention partenariale, la Subvention. De plus en plus, celle-ci se déplace pour se transformer en appel d’offres, plus simple et moins coûteux (en temps, en échanges…) au profit de grands groupes, qui remportent cela comme de « simples marchés ».

 

Le partenaire devient de plus en plus le groupement d’entreprises.

Il faut donc faire naître des initiatives avec deux dimensions, le projet et le « non-profit ».

Lorsque l’on parle d’économie collaborative, d’économie sociale et solidaire, circulaire… on parle d’économies soient les systèmes organisés d’échanges.

 

Il faut savoir que la relation, par l’objet déchet, entre le créateur et l’entreprise productrice de cette matière est souvent tacite et illégale. En effet, cette dernière a l’obligation de traçabilité et est le garant de la suite de sa vie.

Le problème, c’est que le « déchet » n’est pas pris en compte par une politique publique particulière, il erre dans un « entre-deux ».

 

 

 

Des postures sont donc importantes pour faire évoluer le paysage législatif et donc culturel.

DENICHEUR + EXPERIMENTATEUR + LANCEUR D’ALERTES ET D’IDEES + DETOURNER LE SYSTEME + BOOSTER LES RENCONTRES

 

Et le fait de relier EXPERIMENTER et COOPERER revient à une association d’ENERGIES.

 

Pour cela, l’Art a son mot à dire mais il faut savoir l’utiliser avec mesure.

En effet, l’Art questionne et suscite la RAISON du VRAI, du BEAU, du SENS.

L’Art renvoie à la question de l’ETHIQUE DES PEPITES.

 

Prenons l’exemple de La Gacilly

La Gacilly peut être vue comme un territoire, comme une collectivité au sens administratif mais est surtout une « communauté territoriale ». Ainsi, la question de l’art et de la culture trouve ses réponses avec le Conseil Municipal mais aussi avec les échanges auprès des artistes et artisans locaux.

L’arrivée des premiers artisans et leur installation dans le bâti en ruine de La Gacilly s’est faite de façon concertée grâce à un homme, apportant son leadership au profit de son territoire de vie, Monsieur Rocher.

Tout est ainsi collaboration !

La Passerelle est ainsi un lieu de partage, d’exposition de créations et de médiation, avec un accès gratuit ou une faible participation demandée pour des occasions précises.

On tente ainsi de relier l’ETRE, le ressourcement, et le FAIRE.

 

Cette question du lieu renvoie à la dimension d’espace de rencontres, « comme dans un tiers lieu », basé sur la spontanéité et la convivialité.

 

Car, en effet, comme l’exprime Max Lassort, « le monde est relié mais il sature ! ».

Il faut donc créer des espaces qui relient, avec une capacité de ressourcement.

 

Il faut cependant de méfier du « mythe de la ville créative », n’oubliant pas les principes de sérendipité et de temporalité longue.

Par ailleurs, la ville est saturée (d’informations, de monde, d’activités…). La campagne peut se réinventer,  à travers ces lieux, ces nouvelles manufactures.

 

 

Mais revenons avant à la dimension collective

Il existe en effet différents types de « groupes d’individus », réunies par des projets aux ambitions variées.

Au départ, il y a quelques individus, deux ou trois en général, qui amorcent l’idée de se réunir.

Puis vient s’agréger autour d’eux, sous la forme d’un « collectif », cinq puis dix puis vingt, réussissant à équilibrer la dimension du « moi individuel », mon projet propre, avec celui du « moi collectif », le projet collectif, mis en commun.

Au-delà de ce nombre, un « réseau se forme », où la dimension du « nous » devient plus difficile mais les possibilités d’exister face aux institutions, en grandes entreprises en tant qu’entité supérieure plus importantes.

 

A l’intérieur de cette dynamique collective, on observe trois typologies d’acteurs.

Les actifs, noyau dur du corps social, sont les animateurs et les porteurs de l’idée « pure » du projet. Ils portent en eux et avec eux l’identité stratégique voire politique du projet. Les ponctuels, eux, sont actifs en des occasions précises, oscillent entre le rôle d’actif et celui du sympathisant.

L’actif et le ponctuel forment la dimension « familiale » du projet. C’est par eux qu’existent, ou non, la dimension de collectif convivial, créatif et solidaire.

Les sympathisants, eux, sont davantage dans un esprit de « consommer » les services proposés tout en étant souvent les premiers ambassadeurs lorsque la cause collective est assumée et transparente.

Nous pourrions également représenter le groupe à travers trois dimensions et échelles d’enjeux.

La dimension individuelle, au centre, qui cherche à s’accomplir avant tout, le collectif, qui l’entoure, le soutient et qui se nourrit de sa présence et le réseau informel, issu des relations développées grâce au réseau formel du collectif.

 

On retrouve régulièrement dans les métiers de la Création un lien entre membres d’un groupe à travers un même métier représenté, permettant, aux dires de ces derniers, d’y trouver un même langage, des habitudes et techniques.

 

Quelles finalités pour un réseau ?

Lorsque l’on développe l’idée de « réseau », comme le collectif Emergences, on observe deux pôles d’action et donc deux grandes finalités pour ses membres.

  • Les événements, permettant la vente et la visibilité.
  • La mutualisation, permettant d’offrir un annuaire, une « vitrine commune » et des fichiers collectifs.

Par ailleurs, la dimension régionale propre au collectif Emergences est un véritable défi.

En effet, la répartition des membres est 50% sur Nantes et son bassin et les autres 50% sur le reste du territoire.

 

Toutes ses dimensions collectives, devant compléter les possibilités de développement propre à l’individu lui-même, posent la question des ingrédients de la réussite.

  • Une philosophie commune : des valeurs, des pratiques et des volontés
  • Un projet commun : visibilité partagée et travail.
  • La discipline : tous le même métier ou pas ?
  • Le nombre : qu’est-ce que l’on veut ? Toujours le même nombre ou autre chose ?
  • Des impacts : le réseau stimule les réseaux et participe de la représentativité de filières alors que le collectif engendre les projets et repense / redimensionne la filière.

 

Un autre aspect ressort, dont le Créateur doit savoir se poser la question.

Quel type de hiérarchie voulons-nous pour le projet commun ?

  • Une équipe de permanents / membres du Bureau qui « consultent » et fait co-porter les projets, renvoyant à l’association avec Bureau et vote à la majorité

OU

  • Une co-responsabilité et co-développement basés sur le partage des risques et des impacts, qui renvoie à la question d’association collégiale avec vote à l’unanimité.

Deux manières d’envisager la co-action !

 

Tout cela renvoie aux lieux et au partage de l’Espace

Pour qu’un lieu de Création existe à plusieurs, il faut que celui-ci soit ouvert (aux cultures, aux visions, aux techniques…), donnant la possibilité de réaliser différents usages pour différents publics.

En effet, un lieu et une personne produise un DIALOGUE.

Pour que ce dialogue existe et existe encore demain, il faut que cela soit animé par une dynamique collective soit un RYTHME.

Le rythme est incarné à travers un cycle, annuel ou journalier, selon trois dimensions.

  • CREER : le temps des individualités
  • ECHANGER : le temps partagé
  • EXPOSER : le temps public et territorial.

Par ce cycle et cette relation particulière, le lieu devient ainsi une personne. On partage avec le lieu.

 

Un lieu pour qu’il porte une dimension collective, s’obtient par l’alchimie de l’ENVIE COMMUNE, de l’ENVIE PERSONNELLE et de la « MACHINE ASSOCIATIVE ».

Ainsi, lors des échanges, est ressorti le « pouvoir des mots »  qui nous met dans des cases qui ne sont pas celles que nous souhaitons, portons.

Ainsi, la dimension FAIRE à renvoie un effet miroir et en retour suscite du questionnement

De plus, il faut savoir TRADUIRE, par un moyen ou une personne chargée de l’intermédiation, les mots de l’Institution et celle des Créateurs.

En retour, il est important que celui qui traduit s’appuie sur un important travail de questionnement et de décision porté par le conseil de décision du groupe, que cela soit un Conseil d’Administration ou un autre organe.

 

 

Voici quelques mots qui ressortent de tous ces échanges.

[mots inventés]

Intimité des relations

« Eco-poétique » : les métamorphoses pour éviter que le système se fige.

Formel + Pragmatique // Informel  + Sensible

« Le lieu porte la mémoire du monde »

Personne n’est interchangeable, modifiable oui …

L’esprit des lieux relie l’espace, les individualités et la relation intimiste.

 

Et pour finir, voici quelques aspects clés qui sont ressortis, lors de la question « quel mot choisir pour résumer nos échanges ? » :

ECO-POETIQUE + DIVERSITE + RICHESSE + DEMEURE + LIEN + PARTAGER + INTENSITE + RESISTANCE + SINGULARISER + EXISTER !

 

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